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Quand le dialogue se brise : l’histoire qui m’a menée à la CNV et à la médiation

  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture


J’ai passé plus de vingt ans comme salariée, et des conflits, j’en ai traversé. Parfois avec agilité, parfois avec la sensation d’être ballotée au cœur d’une tempête. Mais un conflit en particulier a marqué un avant et un après dans ma manière de comprendre les relations au travail.


Il s’agit d’un conflit avec une personne de mon équipe, qui m’a accusée de harcèlement.Un choc. Un véritable tsunami.

En partageant ce que je vivais autour de moi, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être passée par là. Mais quand ça vous arrive, tout vacille : 

Qu’ai-je fait ou dit qui ait pu blesser ? 

Qu’est-ce que je devais changer ? 

Et que faire, une fois l’accusation déposée auprès du service externe censé intervenir ?


À l’époque, cela remonte à plus de dix ans, nous n’avons pas eu d’espace réel pour nous parler. À part une confrontation stérile, rien qui permette d’exprimer ce qui se jouait vraiment. Je me souviens m’être protégée derrière une froideur qui ne me ressemblait pas. Je craignais que l’émotion me dépasse. J’étais persuadée que c’était elle ou moi. Impossible d’imaginer une issue gagnant-gagnant.


Avec le recul, je vois autre chose : ma collègue avait des compétences, moi aussi. Nous avons toutes les deux été incapables de nous dire ce qui nous irritait, ce qui nous touchait. Et les conséquences ont été lourdes : elle a quitté le navire et dans l’équipe deux clans se sont formés. Certaines personnes me soutenaient ; d’autres disaient qu’« il n’y a pas de fumée sans feu ». Une ambiance délétère, dont personne ne sort gagnant.


Après cette expérience, j’ai voulu comprendre comment éviter que cela ne se reproduise. J’ai lu énormément, suivi de nombreuses formations. La Communication NonViolente m’a donné des clés essentielles : prendre soin de moi, clarifier ce qui se passe en moi, aborder les petits conflits avec plus d’ouverture, de confiance et d’empathie.


Mais j’ai aussi compris quelque chose de fondamental : en milieu professionnel, quand le conflit est intense et s’est installé depuis longtemps, on ne s’en sort pas seul.

Il faut un tiers. Une personne extérieure, formée, capable de créer un espace sécurisant où chacun·e peut s’exprimer sans se sentir menacé. Une médiation professionnelle permet de dire ce qui est resté bloqué, d’entendre ce qui n’a jamais été dit et d’envisager des solutions que personne n’arrive à voir quand il est embarqué dans le conflit.


Aujourd’hui, je suis convaincue que faire appel à un tiers n’est pas un signe de faiblesse. C’est un acte de responsabilité, de lucidité et de soin pour l’équipe.


Valérie Brooms - Coop&Flow


 
 
 

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