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L’Auto-Empathie : Ma boussole quand tout vacille

  • valeriebrooms
  • il y a 3 jours
  • 3 min de lecture

Quand j’ai accepté ce remplacement comme responsable d’équipe, je pensais simplement offrir un soutien temporaire. Je n’avais pas anticipé l’ampleur de la tempête émotionnelle dans laquelle j’allais être plongée.


Dès les premières semaines, j’ai senti la colère vibrer dans les réunions, dans les silences. Pas une colère contre moi en tant que personne… mais une colère qui cherchait une porte à laquelle frapper.

Chaque membre de l’équipe portait une fatigue ancienne, un découragement presque palpable. Et moi, au milieu de tout ça, j’ai senti monter un vertige : celui de devenir malgré moi le symbole d’un système qui les avait trop souvent laissés seuls.

Plus les jours passaient, plus la tension s’installait dans mon corps. Des douleurs dans le dos, une perte de moyens lors de certaines demandes, cette sensation étrange d’être présente sans pouvoir réagir… des signaux que je connaissais déjà et que j’avais souhaité ne jamais revoir. Une part de moi chuchotait : attention, tu y retournes.


J’ai alors choisi de m’écouter avant d'écouter les autres

L’auto-empathie a été mon ancre. Une façon de revenir à moi quand je me sentais submergée.

J’ai dû accepter mes propres émotions avant de pouvoir accueillir celles des autres : la peur de ne pas être à la hauteur, la tristesse de me retrouver prise au milieu de tensions et de vouloir recoller les morceaux alors que les moyens ne suivaient pas.

En prenant ce temps intérieur, j’ai mis des mots sur mes besoins : sécurité, considération, respect de mes limites. Et quand j’ai pu me reconnecter à ça, quelque chose s’est détendu. Je n’étais plus une cible. Je redevenais une personne. Une personne qui peut écouter, traduire, relier… mais pas à n’importe quel prix.


Ce que la colère de l’équipe disait en réalité

En les écoutant avec cette présence, j’ai pu entendre autre chose derrière leurs cris silencieux.


Le besoin d’être reconnues

Les intervenantes se sentaient invisibles. À bout. L’impression d’être les seules à voir l’ampleur de la souffrance qu’elles tentaient de contenir au quotidien.

Le besoin d’agir réellement

Les listes d’attente impossibles, le manque de temps, les urgences répétées… tout cela les empêchait de répondre sereinenement à ce qui les avait fait choisir ce métier : aider, apaiser, transformer.


Le besoin de se protéger

Les récits violents qu’elles portaient jour après jour les usent. Jusqu’à grignoter leur énergie, leur optimisme, parfois leur identité même.

Voir ça, vraiment voir ça, m’a touchée profondément. Leur colère n’était pas une attaque. C’était un appel au secours.


Et puis il y a eu le moment où j’ai choisi de prendre soin de moi

Malgré l’écoute, malgré les moments de respiration collective, malgré les quelques éclaircies… mon corps continuait de dire stop. Chaque matin, en m’habillant, je sentais de l’inconfort dans le ventre. Chaque soir, mon dos me rappelait que quelque chose n’allait pas. Et au milieu de mes efforts, une vérité s’est imposée : je me perdais à nouveau.

L’auto-empathie m’a offert un miroir honnête. Choisir d’exprimer mes limites tout en respectant mon engagement et le mandat qui m’avait été donné sans fuir m’a permis de rester fidèle à moi-même. Peut-être même un acte de courage.


Ce que cette expérience m’a permis d’intégrer une fois de plus :

- La CNV n’est pas qu’une méthode. C’est une manière de rester humain quand tout s’effondre autour.

- L’auto-empathie n’adoucit pas la réalité, mais elle permet d’écouter ce qui se passe pour soi et de faire des choix en conscience sans s’écraser.

- Nos limites ne sont pas des faiblesses. Ce sont des frontières qui protègent ce que nous avons de plus précieux : notre santé, notre lucidité, notre capacité à contribuer là où nous en sommes capables.


En refermant ce chapitre, je fais le point sur ce que cela m’a permis d’expérimenter : je peux faire preuve de présence, de cœur et de professionnalisme… tout en exprimant mes limites quand c’est nécessaire. Et je vous assure que cela ne va pas nécessairement de soi.


Et vous, avez-vous vécu des expériences similaires ?

 
 
 

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